Skip directly to content

Wiki-Rennes : tentative d'épuisement des savoirs sur un territoire par ceux qui s'y intéressent

on lun, 12/19/2011 - 18:09

Par Julien Le Bot

Hyperlocal et horizontal. "On est jamais mieux servi que par soi-même", dit un proverbe. Mais qu'en est-il quand il s'agit de servir un "nous" ? Ou plus précisément un "territoire" ? Loin de chercher à rivaliser avec Schemer, qui propose de partager des "expériences" en ville de manière "diabolique" s'il-vous-plaît (sic), Wiki-Rennes est un un ouvrage en perpétuel mouvement, un "autoportrait" réalisé "par les Rennais, les anciens Rennais, ou toutes autres personnes ayant un lien avec la ville et ses habitants."  Un processus à la fois austère et généreux.  

Ceci n'est pas une nouveauté. C'est une oeillade dans le rétroviseur (déjà !). Oui, à l'heure des médias sociaux, il n'est pas inintéressant d'aller voir si les anciennes recettes (toutes proportions gardées) fonctionnent encore. A l'heure où Wikipédia menace "de se mettre en grève" (comme le montre ce billet posté sur Rue89) contre les tentatives de déstabilisation (via tout un arsenal juridique peu ou prou équivalent à un super-Hadopi), Wiki-Rennes continue de se développer.

Pour mémoire, c'est quoi, un "Wiki-TsouinTsouin" ?

Une démarche ouverte, procédurale, horizontale, de constitution et de partage des savoirs.   

Exemple : Wiki-Rennes n'est pas là pour protester contre les savoirs constitués ; au contraire. C'est un peu comme Wikipédia : il ne s'agit pas de dire que les encyclopédies sont caduques, mais d'offrir un nouvel espace d'accès à un certain type de savoir partagé (avec ses vertus, et ses limites). C'est une grammaire originale, une tentative de fabriquer du savoir selon de nouvelles modalités. Avec un certain nombre de dipsositifs (de contributions, de validations, de partage, et d'ambitions). 

A l'échelle d'un territoire comme Rennes, on s'aperçoit que le désir de dire et de partager est vivace : la communuaté est extrêment active (il suffit de voir la succesion des mises à jour), les discussions progressent (catégories remodelées pour mieux épouseer la gamme des savoirs disponibles), et les curieux restent les bienvenus (dans les limites fixées par une charte des contributeurs).

Le plus fascinant, dans toute cette machinerie, c'est l'efficacité - en dépit, du reste, d'une charte graphique spartiate - : la catégorie "art" recense nombre de disciplines ayant envie de "se raconter" ou de "se mettre en scène". Loin de se cantonner au passage en revue sur les poncifs locaux, chacun semble vouloir parler de ce qu'il a vu et de ce qu'il vit : à côté du patrimoine ou de l'architecture tradiitionnelle, le street art est représenté. Il y a même "Rennes dans la fiction".

Ce bref détour nous donne, quoi qu'il en soit, une belle idée des savoirs dispersés qui, à l'échelle d'un territoire, n'attendent qu'une chose : être partagés. C'est (notamment) sur la base de ces expériences engagées grâce aux wikis (à Rennes, mais aussi entre collaborateurs, ou en entreprises) que l'on peut chercher à préciser les dispositifs nous permettant de créer des outils de partage d'informations quotidiennes entre habitants d'un même territoire. Avec un objectif : être et rester pertinent à l'échelle hyperlocale.   

Crédit : Nessy du Loch 2011 (Licence Creative Commons)