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Peut-on (vraiment) prendre la tangente avec Schemer ?

on ven, 12/16/2011 - 10:30

Par Julien Le Bot

Peut-on « multiplier son ennui par celui des autres », comme disait Jules Renard, dans son journal ? Le mauvais esprit a du bon : c’est un moyen d’éprouver ce que nous sommes capables de faire. En réseau. En y biaisant le quotidien. A grand renfort de lubies. Pourquoi pas ? Schemer, donc nous parlions en début de semaine, est un service original : ou comment (re-)découvrir un territoire en le prenant par un drôle de bout. Qui a le goût des autres. Promenade en mode bêta.      

Faisons simple. Naviguons à l’intuition. Une fois reçue l’invitation envoyée par @Raphipons (qu’il en soit remercié !), quoi de plus idéal qu’une divagation sur Schemer. Pour voir ce que ça donne, ce que ça preomet, ce que ça augure, ce que ça pourrait engegndrer. Des monstres ? Diable, non. Des hypothèses, des suggestions, plus ou moins originales, plus ou moins bien senties.   

Schemer se présente comme un réseau social finalement assez classique, avec toute une ergonomie pensée à partir de la logique des cercles (façon Google+, évidemment).   

Première question : s’il est question de « territoire », de « local », vous êtes où ?

A Paname. Clic, c’est parti. « Hi Julien ! You’re looking diabolical ! »Dois-je entendre que nul n’entre ici s’il n’est irrationnel ? Il y a de ça. Le partage, sur Schemer, fonctionne sur le principe du fou. Vous vous déplacez en diagonale.     

Très bien. Essayons : « Find stuff to do ». Si je m’ennuie, autant voir comment les autres le trompent, celui-ci. Que se passe-t-par là ?

Une liste de recommandations, basée sur des goûts, des couleurs, et une localisation. Mais on peut le prendre par un autre angle. Forcer le destin. Et suivre son humeur. Filer par avion, bricoler quelque projet, se lancer dans une aventure folle, sortir au sens classique ou se rincer les yeux comme jamais. A la veille du week-end et à quelques jours de la Trêve des confiseurs, testons l’option « vadrouille » (sur terre, en mer, ou dans les airs).    

Nouvelle liste, nouvelles propositions. « Manger une crêpe à Paris » (j’imagine que celui qui en a envie ne s’y trouve pas), « Aller voir Mona Lisa au Louvre » (idem), ou « traverser les Etats-Unis en bagnole ». Le mythe absolu pour le Vieux Continent, les promesses de l’aube, la ligne droite infinie, le ciel bleu à l’horizon et le V6 qui ronronne à 90 km/h. Pourquoi pas ? Let’s go.    

Manifestement, je ne suis pas le seul à avoir cette ambition. « Nous sommes tous des Américains ». Conformément à l’idée selon laquelle la culture « mainstream » mondialisée (une thèse ardemment défendue par Frédéric Martel), c’est peu ou prou le rêve américain, je constate qu’en version bêta, nous sommes déjà 799 à nous imaginer au volant d’une bagnole de location sur la route 66. Nous sommes d’ailleurs singulièrement à la bourre : 409 pèlerins ont déjà goûté de cette joie au long cours.   

Soit, mais qui sont ces gens qui pensent comme moi ? Qui rêvent de la même chose que moi ? Au hasard, suivons Damien Basile – que nous ne connaissons ni d’Eve ni d’Adam.    

S’il a envie de connaître ce genre de trip, c’est probablement que nous partageons sans le savoir bien des choses. Il doit y avoir des idées à prendre, des suggestions à étudier, des recommandations à suivre. C’est un peu ça, l’idée, on le sent en navigant sur Schemer. Ce qui n’est pas tout à fait faux : moi, aussi, je me verrai bien « marcher sur la Lune », « apprendre le japonais », ou « pique-niquer à Central Park ». New-York, quelle belle idée !

Que se passe-t-il donc là-bas ?  

Schemer associe « recommandations sociales » (ceux qui me ressemblent), et « recommandations autorisées » (des titres ou des marques dont je connais la griffe) – partenaires de Schmer, c’est-à-dire de Google. Exemple avec « Time Out ». En croisant ce que me propose « Time Out », Damien Basile, et tous les autres, il doit y avoir moyen de voyager autrement. De flâner dans New-York en lâchant mon (bon vieux) Routard, sans pour autant me contenter des commentaires sur les forums.  

Une seule limite : l’aléatoire existe-t-il encore ? Le hasard est-il (toujours) possible ? La nécessité revêt-elle la forme du cercle ? Et si, au lieu de m’aider à sortir (de moi), je me mettais à tourner en rond ?

Au fond, il manque peut-être un grain de folie à ce (puissant) dispositif : le « dérèglement de tous les sens », pourrait-on dire, pour paraphraser un marcheur devant l’éternel.      

Crédit : @paulgnewton (Licence Creative Commons), et captures d'écran de Schemer.