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Souvent habitude (de lecture) varie. Et bien fol qui s'y fie ?

on ven, 11/25/2011 - 09:09

Par Julien Le Bot

Dans le jargon, on appelle ça des tendances. L'homme contemporain étudie à la loupe tout ce qu'il peut, mais aussi tout ce qu'il fait. On peut tout à fait le comprendre. A l'heure où la Toile bouscule et nos habitudes (au sens large) et nos outils (de connaissance), il n'est pas inintéressant d'observer ce que le lecteur-et-internaute fabrique quand il cherche de l'info. Pour tenter de voir, notamment, ce que ça peut changer à l'échelle locale.      

Ce billet de fin de semaine se place dans le prolongement d'un article publié sur le site ReadWriteWeb. Et qu'apprend-on dans cet article ?

D'abord, que les habitudes, contrairement à ce que la littérature nous apprend, n'arrêtent pas de changer. A la limite, on a envie de se demander : qu'est-ce qu'une habitude si elle change tout le temps ?

Richard MacManus, qui fait le point sur cette sorte de bascule permanente de nos us et coutumes, prend son propre exemple pour dire combien nous sommes susceptibles, depuis quelques années,de ne pas reproduire le comportement qui était le nôtre l'année précédente. Même lorsqu'il s'agit d'un vieux réflexe (lire, apprendre, s'informer), on passe son temps, désormais, à bidouiller avec les (nouveaux) outils pour se tenir au courant de ce qui se passe en ce bas-monde.

Cela étant, il ressort de ce "work in progress" quelques points intéressants qui peuvent nous éclairer sur ce que pourrait être l'information locale de demain :          

1/ C'est par le truchement des réseaux sociaux que nous filtrons/collectons la plupart de nos informations quotidiennes. 

Bien entendu, une triade (largement) en tête dès qu'il s'agit d'évoquer les réseaux sociaux sur lesquels nous nous promenons quotidiennement : Facebook/Twitter et Google+. 

Ce qui, à l'évidence, nous amène à penser la chose suivante : l'information locale, comme toutes le sinformations du reste, doit veiller à rester disponible là où les audiences évoluent et "partageable"en permanence là où les conversations se déroulent.

2/ Les tablettes sont les "feuilles de choux" de demain.

Rien de nouveau sous le soleil du web, pensez-vous. Certes : mais cette tendance semble d'autant plus se confirmer que l'IPad n'a plus tout à fait le monopole de l'innovation - vu le nombre de nouveaux entrants sur le créneau de la tablette.

D'ailleurs, nul ne disconviendra d'une chose : il n'est pas inimaginable de penser qu'on cherchera (aussi) des infos sur ce qui se passe autour de chez soi en tapotant sur sa tablette, comme on feuillette à 10 heures son canard local au bout d'un comptoir de zinc, devant une tasse de café, avant un rendez-vous professionnel.

3/ Il n'y a pas que la technologie dans la vie, il y a aussi ce qu'on en fait. 

A cet égard, le journaliste Richard MacManus note deux évolutions (que nous observons tous)

  • Encore et toujours plus de mobilité.

Nous sommes incapables de passer une journée sans mettre le nez sur notre smartphone.  Et comme tout est désormais contenu dans tout, c'est aiussi en le mobilité que tourne la boucle de l'info : les réseaux sociaux, les tablettes, ou les smartphones, nous sommes partout, tout le temps, en présence d'informations. La proximité, désormais, ce n'est plus seulement le journal dans la boîte aux lettres à 6h30 la matin. C'est dans le métro, sur le vélo, au boulot, et même parfois, pendant le dodo. Qu'on le déplore ou qu'on s'en félicite, l'information est devenue itinérante. Collecter ou recevoir des informations, c'est presque (devenu) une "seconde nature". Comme les habitudes, finalement, comme le disait Cicéron.    

  • Encore et toujours plus de conversation. 

L'information est partout, tout le temps, mais elle aussi partagée, commentée, reprise, amendée, etc. Une logique poussée à son paroxysme par Facebook qui, depuis peu, permet si vous l'acceptez de signaler à votre réseau vos activités en ligne. Exemple : le simple fait de cliquer sur tel article du Guardian ou écouter tel titre sur Spotify est aussitôt répercuté sur votre fil d'infos personnelles. Grosso modo, on sait ce que vous lisez, voire on vou sencourage à commenter : "tu as lu ça ? C'est épatant ! C'est haluucinant ! C'est scandaleux !". Au fond, le blog semble presque archaïque sous son aspect original - de simple mise en ligne de contenus. Désormais, c'est dans l'interaction que le sens fait sens, que le mot est donné, que l'info se diffuse.

On mesure, à bien y regarder, le chambardement que ça implique pour la vie des territoires : l'information locale peut et doit pouvoir se faire une place dans cet écosystème nouveau où les messages, les contenus, les infos, ne partent pas d'un émetteur pour transiter par un diffuseur/rapporteur (unique) et aboutir là où le récepteur se trouve et vit. Et si, à bien y regarder, toutes ces indications permettaient de mieux comprendre le sens et probablement toute la pertinence de l'expression "SoLoMo" : "Social, Local, Mobile"

Crédit : @Olibac (Licence Creative Commons)