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Existe-t-il une échelle de référence pour l’info locale ?

on jeu, 10/27/2011 - 09:23

Par Julien Le Bot

C'est souvent un affrontement de concepts éditoriaux : local contre hyperlocal - ou vigilance large contre zoom resserré. Ici, c’est un problème économique : où commence le journalisme local ? C’est l’enjeu du duel Patch/Main Street Connect.   

La rédaction de Street Fight Mag, qui suit de près le paysage de l’information locale (ou hyperlocale), a opposé, au cours d’une conférence, les deux modèles de développement incarnés par Patch, d’un côté, et Main Street Connect, de l’autre.  

Dans un article condensant bien les forces et faiblesses des deux adversaires (ou concurrents) en présence dans cette bataille de l’information de proximité, Ellie Behling a employé une formule qui semble résumer ce qui se joue, de manière générale, sur ce terrain si particulier : la question n’est finalement pas de savoir s’il y a de la publicité - parce qu’il y en a beaucoup, potentiellement - pour consolider les soubassements économiques des rédactions, mais plutôt de construire le paysage de telle sorte que les clients s’y retrouvent. Que les annonceurs soient satisfaits. Pour que chacun puisse travailler.

Exemples à l’appui, voici donc les deux modèles incarnés par Patch et par Main Street Connect.

Patch mise sur un développement aussi rapide que possible – pour être accessible partout – tout en essayant de ne pas se couper des annonceurs finalement assez « éloignés » des territoires que les infos des différentes déclinaisons locales du site couvrent. Autrement dit, Patch, c’est créer un réseau qui peut vivre d’abord avec des franchises nationales, de grandes régies, ou des entreprises intéressées par des publicités valables et pertinentes sur de relativement grandes échelles. Ensuite  seulement, pour autant que c’est possible, Patch ambitionne de s’adresser aux commerçants locaux.

Dans le détail, ça donne, selon le CEO de Patch Warren Webster, un réseau de 870 antennes locales pour 24 Etats américains au total. Toutefois, si Patch est sur « le chemin de la profitabilité », on n’y est pas encore.

En face, Main Street Connect joue la carte du territoire. Et du bénéfice réinvesti. Ce qui donne une progression lente, mais profitable. Carll Tucker, son CEO, a ainsi expliqué au cours de cette conférence qu’il ne s’était jamais engagé sur de nouveaux territoires tant que les premiers n’étaient pas rentables. C’est donc là une stratégie symétriquement inversée de son rival Patch. Aujourd’hui, Main Street Connect ne dispose « que » de  52 titres (en ligne) locaux, mais tous sont à l’équilibre.

Quoi qu’il en soit, deux leçons à retenir, selon les deux dirigeants de ces deux entreprises de presse en ligne : le marché de la publicité locale en ligne semble vouloir sinon se stabiliser (et permettre aux acteurs de l’information de se développer), voire carrément se développer. Et les commerces locaux, qui ne savent pas encore comment bien utiliser le web pour faire connaître leurs activités et leurs produits à leurs clients quotidiens qui passent de plus en plus de temps sur la Toile, sont à la recherche d’outils adaptés, accessibles, et efficaces.

Au fond, après des années de remises en cause des modèles économiques traditionnels, la presse locale n’aurait-elle pas sous ses yeux, à portée de clic, un boulevard en friche ?          

Crédit photo : @leyink (Licence Creative Commons)