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Le mobile et l'info : chronique d'une idylle annoncée ?

on mer, 10/26/2011 - 08:12

Par Julien Le Bot

Billet studieux, aujourd’hui, sur le blog de Yakwala, pour faire le point sur (l’évolution de) l’économie de l’information. Parce que c’est (aussi) sur mobile, aujourd’hui, que ça (se) passe. Quelques chiffres et tendances qui peuvent intéresser les journalistes.

C’est à Nicolas L’Helgoualc’h, fondateur associé de Yakwala, que je dois ces informations. Et c’est un article de Benoît Méli, publié sur le Journal du Net d’hier, qui évoquait une actualité elle-même officiellement relayée par le blog de Google himself (ou itself), qui nous a mis "la puce à l'oreille", comme aurait dit Feydeau.    

L’époque s’attend, dit-on du côté des observateurs de l’économie numérique, à l’explosion des pratiques liées au Solomo (Social, local, mobile). Autrement dit : chaque jour, nous vagabondons un peu place sur la Toile en suivant les recommandations (du social), en cherchant ce qui se passe en bas de chez soi (il y a comme une nouvelle ère qui s’ouvre : on n’utilise plus (seulement) le web pour envoyer un message à l’autre bout du monde, mais aussi pour descendre dans la rue), le tout en utilisant nos smartphones (et tant pis pour les utilisateurs de BlackBerry).   

Cette tendance générale, Google, du haut de son siège de Mountain View, ne pouvait pas manquer de l’observer. Et de réagir. Le moteur de recherche a décidé de lancer des formats de liens sponsorisés adaptés à tous les mobiles, et à tous les systèmes d’exploitation. Objectif : permettre de « monétiser » (un peu plus, ou un peu mieux) tout cet écosystème en mobilité (qui comporte des applications, des sites, ou des transactions en souffrance…).

Ce qui peut intéresser le journaliste qui continue de courir après son modèle économique, c’est la prévision (prédiction ?) suivante, relevée par Benoît Méli : « Le moteur estime que 44 % de l'ensemble des recherches destinées à trouver des points de vente ou des cadeaux de dernière minute pour les fêtes de fin d'année se feront sur mobile aux Etats-Unis. Le nombre de requêtes réalisées depuis un mobile a presque triplé entre 2009 et 2011 et continue encore à grossir à mesure que le taux de pénétration des smartphones progresse. Le groupe estime qu'il gagnera 2,5 milliards de dollars grâce au mobile cette année. »

La messe est dite, en un paragraphe. Les éditeurs et autres rédactions de tous horizons, jusques et y compris en locales, doivent (pouvoir) s’appuyer sur ce déplacement des usages pour consolider leurs moyens (d’investigation notamment) et produire leurs informations en toute liberté et/ou indépendance. Que l’on prolonge un peu cette perspective en restant focalisé sur le local : après tout, c’est peut-être grâce à la dinde de Noël ou à la volaille de Bresse (commandée sur un i-Phone) que les journalistes pourront continuer d’œuvrer sur leur territoire.

Ce qui, en un certain sens, pourrait presque réconcilier (en l’adaptant au numérique) la presse avec ce qui se joue dans sa zone d’influence et de prédilection : c’est en partant de ce qui se passe (ou s’échange) en bas de chez eux que les médias (locaux, sinon nationaux) pourront sans doute retrouver un modèle économique viable, voire durable. Conséquence : passer (très vite) en mode projet, et suivre de très près tout ce qui se passe ici bas. Dont acte ?  

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P.S. : Pour ceux qui, comme nous, apprécient l’inactualité de l’actualité (et inversement), La Fabrique de l’histoire, sur France Culture, travaille cette semaine sur une « Histoire de l’information mondialisée ». De quoi remettre, avec Emmanuel Laurentin, les idées en place et les enjeux en perspective.

Crédit photo : @shankbone (Licence Creative Commons)