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L'information hyperlocale transite-t-elle nécessairement par les réseaux (sociaux) ?

on lun, 10/03/2011 - 08:56

Par Julien Le Bot

Peut-on (raisonnablement) se passer des réseaux sociaux quand on souhaite diffuser de l'information ? 

La réponse, on s'en doute, est (désormais) non.

Alice Antheaume, qui blogue sur Slate à bord de son laboratoire bien nommé Work In Progress, le résume admirablement bien dans son dernier billet : 

http://blog.slate.fr/labo-journalisme-sciences-po/2011/10/01/que-change-le-nouveau-facebook-au-journalisme/

Je reproduis ci-dessous le passage clé, pour Yakwala tout au moins, de cette tentative d'analyse à peu près exhaustive - le peut-on dans le feu de l'action ? - des enjeux pour l'éxcosystème de l'information.

Il est peu ou prou impossible aujourd'hui de se détourner de ces "carrefours globaux" pour émettre son signal (dirait-on dans un langage analytique), partager son information (plus 2.0), ou capter de cette "attention" dont on dit parfois qu'elle est (devenue) la denrée rare par excellence (à mi-chemin entre les neurosciences et le marketing).  

Plus sérieusement, c'est là toute la question, y compris pour l'information hyperlocale : comment ancrer l'information et dans les usages et sur un territoire ? Si tout un chacun passe de plus en plus de temps sur Facebook (mais aussi sur Twitter ou sur Google +), peut-on seulement imaginer un média contemporain sans antenne ou sans relais sur ses plateformes sociales ?  

Manifestement, (même) l'information de proximité ne saurait se passer, en 2012, d'un détour par les réseaux sociaux. 

  • Plus de temps sur Facebook

Sur les 800 millions d’inscrits à Facebook, 1 sur 2 s’y connecte tous les jours, selon les statistiques fournies par le réseau social. Aux Etats-Unis, le réseau de Mark Zuckerberg aspire même 16% du temps passé en ligne. Autant dire que l’activité facebookienne est intense. La question, pour un média, c’est: que faire pour attirer les lecteurs alors qu’ils passent de plus en plus de temps sur Facebook? A priori, le temps n’étant pas incompressible, rien ne permet de penser qu’un utilisateur sacrifiera ses minutes de Facebook pour aller sur un site d’informations généralistes à la place.

Pour le Wall Street Journal, la solution est «simple»: «il faut rendre nos contenus disponibles là où les gens se trouvent», estime Alisa Bowen, du WSJ Digital Network. Sur Facebook, donc. Dans cette optique, ils ont lancé une application spéciale pour Facebook, qui permet aux utilisateurs, en restant sur le réseau de Zuckerberg, de consommer des informations du Wall Street Journal, recommandées par leurs amis, et… de voir des publicités dont les revenus reviennent au Wall Street Journal – et non pas à Facebook.

Du gagnant-gagnant? C’est ce que veut croire Jeff Bercovici, de Forbes: d’un côté, les utilisateurs consomment des informations à l’intérieur de Facebook, et de l’autre, Facebook permet au Wall Street Journal de vendre ses propres pubs à l’intérieur de l’application. Malgré tout, ce sont et cela restera les règles de Facebook, quand bien même l’éditeur y développera sa propre application.

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Crédit Photo : @Birgerking (Licence Creative Commons)