Skip directly to content

DavisWiki : Un wiki hyperlocal peut en cacher plein d'autres (et plus si affinités) !

on jeu, 10/25/2012 - 14:02

Par Julien Le Bot

Pour ceux qui apprécient sur les variations sur le thème de l'(hyper-)local (comme pratique démocratique de partage/diffusion d'informations reposant sur les outils numériques avec un ancrage territorial resserré), il n'est pas inutile d'aller jeter un oeil du côté de l'aventure LocalWiki. Ce n'est pas, comme on pourrait le penser, un "Open Journalism Toolkit", ni même un ensemble de flux locaux et d'informations participatives (au sens courant du terme) comme on peut en trouver sur  la plateforme  N0tice - qui vient de passer sur une V2 de ses outils -  pilotée par Sarah Hartley, community strategist du Guardian Media Group. Il s'agit bien plutôt de permettre à tout un chacun de "s'approprier" - un terme revendiqué par Philip Neustrom, co-fondateur du site pionnier DavisWiki avant de devenir responsable de la plateforme LocalWiki - son territoire et son histoire en co-construisant le récit de ce qui s'y passe, de ce qui s'y trouve, et de ce qui le singularise. Un projet qui après avoir été qualifié de "meilleur wiki local" par le Nieman Journalism Lab de Harvard, a reçu, en 2010, le soutien de la Knight Foundation (dans le cadre de son News Challenge).

Sérendipité toujours, zadigacité bien sûr ! C'est au détour d'un tweet de l'indispensable Street Fight Mag qu'un article signé Emily Badger est venu se présenter. Titré : "A Crowdsourced Hyperlocal City Guide, Coming Soon To You", l'article raconte l'étrange destin d'un wiki bien local (et plutôt "spartiate") né il y a huit ans de cela qui, les années et l'expérience aidant, ont permis à une petite équipe de "polléniser" cette idée en permettant à des "communautés locales" (un terme anglosaxon bien difficile à traduire, finalement) de prendre la main sur les informations et/ou pages articles la concernant.

Pour le dire et/ou le voir en vidéo, la démarche de LocalWiki est aujourd'hui la suivante : 

Comme le décrit Emily Badger, il y a du Yelp, du Craiglist, de l'histoire local et un peu d'infos sur cet outil ouvert parfaitement robuste, tout à fait étonnant, conçu pour évoluer hors des circuits habituels de l'info. C'est vrai que quand on regarde de près, à première vue, c'est sommaire, DavisWiki !

 

Et pourtant, les contenus se multiplient. Et la logique revendiquée par ailleurs par l'équipe de N0tice est bien là, puisqu'on retrouve ce mot, au centre de la page d'accueil de DavisWiki. Et l'objectif, bien entendu, c'est d'aller vers ça :

          

Aujourd'hui, ce développement sui generis et aléatoire de wiki(s) locaux a donné lieu à la création de 58 portails locaux dans 9 pays, en 7 langues (vous pouvez voir la carte en cliquant ici). Bien entendu, cette approche entièrement décentralisée, quelque peu artisanale, donne une belle idée de ce qui pourrait être mis sur pied pour multiplier cette approche ouverte et participative, intégrant notamment des flux et/ou des données en provenance de l'Open Data, mais aussi de multiples sources d'informations. C'est d'ailleurs ce qui fait le sel de l'Open Journalism Toolkit dans nous avons déjà parlé ici : il est temps de permettre à toutes celles et ceux qui le souhaitent d'optimer le partage et la diffusion d'information à l'échelle des territoires. 

A la limite, pour qui doute de la nécessité de construire des offres et/ou des solutions "glocales" (entendre : globales et locales à la fois), le rachat de Qype par Yelp montre bien que ce approche est la bonne. Qu'elle est créatrice de valeur et peut permettre - notamment - à des éditeurs de contenus (locaux a fortiori) qui le souhaitent de construire tous ces services dont elle a besoin pour basculer dans de bonnes conditions sur le numérique, et investir sur son coeur de métier : le journalisme, le journalisme, et le journalisme. En bonne intelligence avec leurs audiences et les acteurs des territoires sur lesquels ils travaillent.        

Crédit : @PhillipStewart (Licence Creative Commons)