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Google peut-il faire des miracles pour l'emploi (local) ?

on jeu, 02/02/2012 - 13:42

Par Julien Le Bot

Les temps sont agités - voire remuants - sur le front numérique, c'est entendu : introduction en Bourse (à venir) de Facebook et spéculation(s) multiples à tous les étages, condamnation (en France) de Google pour "abus de position dominante" (via son service Google Map). Bref, chacun cherche sa place dans un écosystème où, finalement, tout peut arriver (les rentes de situation ont l'air solides, mais finalement, on navigue à vue). Une certitude : nos vies sont (toujours plus) en ligne. A cet égard, qu'est-ce que ça change pour le boulot (par temps de chômage de masse) ? Google peut-il seulement modifier la donne ? Un billet du journaliste Marc Landré a suscité notre curiosité.    

Comme toujours, tout part d'un lien vagabond pour finir par s'interroger sur ce que ça change - ou non - à l'échelle locale. Que les territoires soient (devenus) numériques, que la réalité soit (naturellement) augmentée (derrière les choses, des URL), que les individus soient visibles en lignes (sur les réseaux) et que les rues soient cartographiées (sur Google Earth), on s'y habitue. Au fond, quoi de plus normal ? 

C'est à partir d'un rebond (ou un retweet, plus précisément, de @couve) que je suis tombé sur un billet de blog (court) intrigant : "Google, futur prestataire de Pôle Emploi" ?

Dans cet article, le journaliste Marc Landré (qui poste régulièrement des infos sur ce qu'il appelle "les dessous du social") évoque une réunion, organisée en récemment autour du ministre du Travail, de l'Emploi et de la Santé, pour tenter de trouver une solution avec des acteurs publics locaux susceptibles pour améliorer le fonctionnement du marché de l'emploi. Un préfet s'interroge ouvertement sur la possibilité de disposer de fichiers (actualisés) permettant de localiser géographiquement les demandeurs d'emplois (et pourquoi pas les offres) - afin, le cas échéant, de pouvoir intervenir précisément, avec des actions publiques adaptées sur des bassins particulierement exposés à la précarité. Réponse, selon Marc Landré, du ministre :

"Google, via son système Google Earth, est prêt à aider Pôle emploi, a indiqué Xavier Bertrand. Je rêve d'un système informatique digne de ce nom, capable de mettre en adéquation les offres et les demandes d'emploi, d'améliorer la connexion entre les chômeurs et les entreprises."   

On peut (plus que légitimement) s'interroger sur l'opportunité de livrer une telle quantité d'informations (privées) à une entreprise comme Google Inc, c'est une évidence. A-t-on besoin de la firme de Mountain View pour construire des cartes dynamiques rendant compte de marchés (locaux) de l'emploi en Europe ? Non, bien entendu ! 

En revanche, la question soulevée par cette interrogation de la part d'un préfet est loin d'être inintéressante : ne pourrions-nous pas nous appuyer sur le numérique pour mieux construire et coordonner les logiques de territoires ? Le partage d'informations (au sens large) est d'autant plus pertinent à l'échelle (hyper-)locale qu'il pourrait permettre de bien vusualiser/comprendre ce qui se joue sur un certain nombre de territoires (marginalisés ou, au contraire, considérés comme dynamiques). D'encourager, également, les recrutements de proximité - pour éviter les trajets de bagnoles à gogo - quand c'est à la fois possible et souhaitable (pour tout un tas de raison). 

En un certain sens, il s'agit là d'une des modalités de compréhension du terme "hyperlocal" : il doit être possible de mettre en oeuvre des innovations sociales, des innovations d'usages, des innovations pourquoi pas économiques en repensant l'écosystème de l'information (au sens large) à l'échelle de territoires (plus ou moins resserrés). Profitons du détour de la Toile pour mieux (re-)territorialiser une partie de nos pratiques quotidiennes.    

Crédit : @Cedrennes (Licence Creative Commons).