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De l'art de transformer les données (ouvertes) en informations hyperlocales

on ven, 05/18/2012 - 11:25

Par Julien Le Bot

L’hyperlocal est un concept en devenir – avant de se transformer en « réalité augmentée ». Les fondamentaux qui le caractérisent en font un ferment d’émancipation individuelle reposant sur le bon usage du numérique : il s’agit bien de permettre à tout un chacun de disposer des informations dont il pourrait avoir besoin au quotidien, mais aussi de provoquer des effets de leviers en partant de la notion de partage (« c’est [désormais]la vie share », comme le suggère le dernier numéro de la revue Usbek&Rica). Dernier élément, suggéré par le dernier article de Daniel Kaplan sur le site InternetActu  : à l’heure du Big data, que penser de la (nécessaire) redistribution de ces tombereaux de données ? Comment générer des « Very Small Data » - de « toutes petites données » - pour répondre de manière pertinente à des besoins bien identifiés ?              

Le dernier article publié sur le blog d’InternetActu s’entiche d’une entrée en matière plutôt provocatrice : « Big Data, grande illusion ? ». La question est en effet bien posée – d’abord parce qu’elle se pose : quel est, finalement, le potentiel (réel) de ce monde de données qui vient ? Pour qui ? Pour quoi ? Pour tout un chacun, au quotidien, ou pour les hyper-organisations et autres firmes d’un monde mondialisé, indifférent aux granularités proches du microscopique ?

La diable, comme toujours – dans l’hyperlocal, se niche dans les détails (des « données »). Le Big Data, c’est bien. Le “Very Small Data”, c’est peut-être mieux : c’est ici et, à la limite, seulement ici que les utilisateurs pourront y puiser quelques trésors d’informations susceptibles de changer la donne.

Daniel Kaplan cite, dans son article, Alan Mitchell, cofondateur de Ctrl-Shift :

« (…) Le principal déficit que rencontre notre société ne réside pas dans la capacité de traiter un grand nombre de données, bien au contraire. Le défi est celui de la logistique de l'information : comment transmettre exactement la bonne information à, et depuis, les bonnes personnes, au bon format, au bon moment. Une affaire de 'Toutes Petites Données' (Very Small Data).»     

La principale question à se poser, estime-t-il encore, c’est celle de la façon dont nous pourrons partir des données pour les rendre intelligibles et utiles dans une logique d’ « empowerment » - pour que chaque individu gagne en autonomie, sur un mode que n’auraient pas dénié les Lumières quand il était question de sortir d’un « état de tutelle » et de « minorité » relativement aux savoirs et aux décisions politiques.

Et Daniel Kaplan de reformuler la question : comment « passer du traitement de masse de l'information (largement consubstantiel à sa concentration dans des organisations obligées de deviner le sens d'actes, de sentiments ou de discours qui leur restent extérieurs) à une "logistique de l'information", qui vise à "résoudre des problèmes, prendre des décisions, organiser et mettre en pratique des actions sans perdre de temps et d'énergie à chercher la bonne donnée, encore moins à trier et jeter des masses d'informations non pertinentes.» ?

A cet égard, Alan Mitchell oppose deux logiques : celle du « Big Data », et celle du « Very Small Data ». Je ne détaille pas ici puisque tout est dit dans l’article ci-dessous mentionné : mais grosso modo, la première serait lourde, exigeant de grosses infrastructures, et risquant de manquer son objet en ne répondant que partiellement aux questions posées. A l’inverse, la logique de la « toute petite donnée » s’adapterait aux individus puisqu’ils détermineraient eux-mêmes ce qui peut et doit être mobilisé pour trouver une solution à leur question.   

Ce n’est pas tout à fait exact, estime Daniel Kaplan, dans une réponse à laquelle Yakwala peut souscrire :

« [Alan Mitchell] vise juste quand il désigne la focale fondamentalement organisationnelle et asymétrique de la dynamique Big Data telle qu'elle se développe aujourd'hui, alors même que l'équipement des "foules" peut désormais rivaliser avec celui des plus grandes organisations. On pourrait ainsi s'interroger sur les manières d'en mettre les outils à disposition du plus grand nombre, ce qui nécessiterait de répandre également une culture critique des données (dont beaucoup de décideurs pourraient également bénéficier).

Et surtout, il faut prendre au sérieux l'agenda alternatif de recherche et d'innovation que décrit Mitchell : celui d'une informatique, de flux d'information et de calculs centrés sur les individus, et de la frugalité informationnelle que ce changement de focale rendrait à la fois possible et nécessaire. »

C’est précisément ce sur quoi Yakwala travaille : mettre les « data » au service des usages, et permettre à tous les utilisateurs de Yakwala (particuliers et professionnels) de construire leurs propres « parcours » dans le dédale des informations et des données hyperlocales.    

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Credit : @vhke (Licence Creative Commons)