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L'Open Data Institute s'apprête à lancer ses programmes (et s'installe sur la Toile)

on ven, 09/14/2012 - 12:58

Par Julien Le Bot

Les données ouvertes ("Open Data", comme on dit dans le sérail) sont, à bien des égards, pas si loquaces que ça. Ce n'est pas qu'elles cachent quelque chose, bien entendu, mais bien plutôt qu"on ne sait pas encore ce qu'elles peuvent nous dire, nous montrer, nous apprendre, ou, tout bêtement, nous apporter. Le Royaume-Uni qui, en 2010, et sous l'impulsion de (Sir) Tim Berners-Lee - celui-là même qui, ne 1989, a "inventé" le Web - avait lancé son portail data.gov.uk, s'engage plus avant en la matière en créant un Open Data Institute chargé d'explorer, de former, d'informer, et de mobiliser les thuriféraires, artisans et industriels d'un secteur en devenir.

Le nom de du site a quelque chose d'énigmatique : theodi.org. Un adepte de la lecture des Anciens ou n'importe quel péquin "philhéllène" pourrait s'interroger : théo-quoi ? En fait, rien de tout cela, évidemment. Au contraire, c'est assez brut de décoffrage : il s'agit bien du site de l'Open Data Institute. Cet organisme a but non lucratif est piloté par une équipe de spécilaistes et/ou d'experts du web et des données. Le haut-patronnage sous lequel a été fondé cette vénérable (et néanmoins toute nouvelle) maison est là pour nous le rappeler : Tim Bernes-Lee et Nigel Shadbot soutiennent cette initative destinée à "promouvoir les opportunités créées par l'utilisation de données ouvertes". En somme, l'objectif de l'ODI "d'accompagner les entreprises souhaitant exploiter les données ouvertes pour mieux soutenir cette (nouvelle) croissance économique".  

Même si le gouvernement britannique a promis de lui apporter 10 millions de livres dans les cinq années qui viennent dans le cadre de son soutien à l'innovation, l'ODI explique très bien sur son site son premier objectif de court-terme : cet institut va devoir, selon ses propres, mots, travailler en mode "start-up" (entendre : sans moyens ou presque dans un premeir temps) pour fédérer les initiatives, structurer un réseau d'acteurs mobilisés par ces questions, mettre sur pied des programmes (de recherche, de formations, d'accompagnement, etc.), mais aussi se donner les moyens d'exister en allant recueillir des soutiens (financiers si possibles).

Au fond, le principal intérêt d'un tel organisme, c'est sans doute d'axer son travail sur ce qui, actuellement, pose question pour nombre d'acteurs économiques intéressés par l'Open Data. Il ne suffit pas de savoir "libérer" ses données pour s'assurer que quelqu'un, quelque part, viendra bien en faire quelque chose. Le datajournalisme reste une pratique hélas peu connue du grand public, pour l'instant, et peu de services s'appuient, à ce jour, sur de l'Open Data pour faire tourner leurs services et/ou développer leurs offres. Autrement dit, cet Institut  a bien vocation à travailler sur ces questions :

- Que peut-on faire avec de l'Open Data ? Pour quelle création de valeur(s) (d'usage, d'abord, avant de penser à sa valeur d'échange) ? 

- Quels sont les modèles économiques des entreprises qui pourraient être développés ?

- Quelles sont les normes à respecter ? Comment coordonner le travail des uns avec les recherches des autres ?

S'il est difficile de se prononcer sur ce qui, au bout du compte, sortira de cette initative, il n'est pas inexact de dire que l'Open Data Institute (qui n'a pas (encore) d'équivalent en France) a le mérite de poser les bonnes questions. "Le Mieux est parfois l'ennemi du Bien", dit-on parfois. Il faut continuer de libérer, libérer, libérer des données quand bien même nous ne connaissons pas encore tout ce qui pourra être fabriqué, inventé, développé. Mais dans le prolongement de cet engagement qu'il faut tenir et encourager, ce genre d'initiative pourrait, après tout, permettre d'accélérer le mouvement, de susciter de bonnes idées, et de faire émerger des bonnes pratiques en hybridant les regards, les expertises, et les savoir-faire(s).      

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Crédit : Capture d'écran du site www.theodi.org