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De l'Open Data, du "Do-It-Yourself", et bien d'autres autres outils pour "hacker" l'info locale

on mar, 09/11/2012 - 08:00

Par Julien Le Bot

Les usages ne sont plus ce qu'ils étaient. C'est une banalité de le dire, c'est aussi une constatation ordinaire : ils changent tout le temps. Le numérique (au sens large) a engendré tout un tas de basculements/bousculements dans notre façon de vivre et de partager de l'information, de comprendre les dynamiques de territoires, et de s'approprier des outils de publication pour ne pas s'en remettre à des tiers - experts, journalistes, institutionnels de tout poil - pour essayer de saisir ce qui se trame ici ou là. En rétropédalant rapidement sur le cours des innovations et tendances des derniers mois en la matière, on s'aperçoit que, loin d'avoir atteint un moment de "palier", la séquence historique que nous traversons reste vivace, inventive et remuante.  Exemple : s'il existe encore, estime le journaliste Erwann Gaucher, des "déserts journalistiques" dans notre "France moche" et largement jacobine, il n'est pas inexact de dire que chacun peut, désormais, essayer de "hacker son info locale". Les outils sont là, à disposition, et prêts à s'adapter. Exemple : il suffit de jeter un oeil du côté de Montréal et de l'évènement "Hackons la corruption" pour s'apercevoir que, sur la base de libération de données ouvertes (Open Data pour les intimes), c'est une autre façon de comprendre son territoire qui se joue.    

Commençons par le commencement : si l'Open Data en France prend de plus en plus d'ampleur (avec en apothéose une conférence nationale, s'il-vous-plaît, organisée à Bercy le 27 septembre pour parler redressement productif, sans doute, et production de données), peut-on imaginer quelque projet comme celui dont parle, dans un article publié sur le site de Métro à Montréal, le journaliste Mathias Marchal ? Au fond, pourquoi pas un évènement "Hackons la corruption" à Paris, Marseille ou du côté de Lille ?

En quelques paragraphes, le journaliste montre bien ce que l'Open Data a engendré à l'échelle locale : loin de se transformer en usine à gaz pour geeks en mal de codes et de développements, ce sont tout un tas de réutilisations qui ont été mises en place afin de "servir" les usages des Montréalais (du plus pratique au plus éditorialisé). Et Mathias Marchal de les mentionner :  

De quoi parle-t-on avec cette histoire ?

 

La journaliste Mathias Marchal détaille ce que cette initiative implique en terme d'utilisation des données : 

Avec Hackons la corruption, les organisateurs espèrent créer des applications informatiques pour rendre plus transparent l’octroi des contrats publics.

Commandités par le quotidien The Gazette, des programmeurs ont déjà pu établir que les des entrepreneurs fraudeurs comme Tony Accurso et Paolo Catania trônent en haut du palmarès montréalais de l’octroi des contrats de construction, avec respectivement 270 M$ et 154 M$ obtenus depuis 2006.

Il faudra désormais analyser les 55 000 dons électoraux pour voir s’il y a un pattern entre le don à un parti et l’attribution de contrats. «Cela nécessitera d’éplucher 35 000 noms et d’essayer de les relier, grâce à LinkedIn, à des entreprises pour voir si certaines compagnies forcent leurs employés à faire des dons», explique Jonathan Brun, cofondateur de Montréal Ouvert, un organisme indépendant.

Autrement dit, nous sommes là sur le versant éditorial le plus intéressant de l'Open Data : à la base, une libération de données ouvertes par des administrations publiques. Ensuite, un travail de programmation et d'édition sur quelques uns des jeux de données, en y associant, si possible, le public intéressé.

Bien entendu, un tel dispositif ne répond pas à la question des "déserts journalistiques". Mais il montre que les outils, de plus en plus, permettent aux acteurs des territoires eux-mêmes de s'engager pour mettre en place des services, voire pour partager des informations. L'idéal étant, comme dans une telle configuration, d'avoir des professionnels pour orchestrer/collecter des informations avant de les restituer.

A cet égard, et avant de boucler ce billet, un lien vers un site ressource intéressant : http://emergencyjournalism.net/ De quoi faire le point sur les outils à disposition pour l'analyse de données, la datavizualisation, ou encore le "crowdsourcing" d'informations (jusques et y compris en situation d'urgence).  

En somme, et comme on dit parfois, "il n'y a plus qu'à".  

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Crédit : @Fred_v (Licence Creative Commons)  

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