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The Guardian se lance (à son tour) dans l'information hyperlocale avec le site N0tice

on mar, 11/01/2011 - 09:22

Par Julien Le Bot

C'est une info qui pourrait faire bouger le paysage (en perpétuel mouvement) de l'hyperlocal : le quotidien britannique The Guardian s'apprête à lancer N0tice, une plateforme spécifiquement dédiée à l'information et aux communautés locales.

Tous les spécialistes (ou presque) et autres chroniqueurs vigilants, de part et d'autre de l'Atlantique en particulier, s'accordent à dire que c'est à l'échelle du local et de l'hyperlocal que les choses vont (désormais) bouger dans le domaine de l'information. Mais pour l'heure, nous ne disposons d'aucune indication sur l'alchimie qui sera la bonne. Il est donc intéressant de jeter un coup d'oeil du côté de ce qui pourrait se passer.

L'équipe de Yakwala est donc allée faire un tour du côté de la version du site N0tice en accès limité, comme on peut le voir plus haut, sur l'image.

Voici, en quelques mots, le projet (tel qu'on peut le résumer en condensant ce qui ressort de la page FAQ du site) : N0tice tire en quelque sorte son nom de sa fonction. C'est avant tout un « noticeboard ». Quelque chose comme un espace commun, un panneau ouvert sur la Toile où des communautés de lecteurs ou d'internautes peuvent partager des informations. Grosso modo, on pourrait même se représenter N0tice comme un pendant numérique au panneau d'affichage qui, dans le hall des mairies ou des maisons des associations, tient lieu de rendez-vous pour les quartiers. Chacun peut y coller son poster, y mettre ses post-its, ou y déposer ses petites annonces.

Sur ce point, c'est à peu près ce que se propose de faire Yakwala : offrir une plateforme de valorisation en accès (qu'on peut qualifier de participative) de l'information locale au sens large. Tous ceux qui souhaitent parler de « leur actualité » pourront donc le faire : un concert de rock ? Une kermesse asssociative ? Une collecte de vêtements ? Un superloto ? Un Fest Noz ou une fête votive ? Il s'agit de pouvoir épingler publiquement l'annonce de cet événement (à venir).

Ensuite, la questin que tout le monde se pose s'impose : comment valoriser cette audience locale ? Qui paie quoi ? Pour le grand public faire, le détour par N0tice, ne coûte rien : «  nothing, zero, zilch ». C'est gratuit. En revanche, il est possible de faire de la publicité locale. Et là, N0tice fixe un prix d'entrée assez bas : compter 1 livre par jour pour la première échelle de mesure de son site d'information hyperlocale.

Dernière étape (ou plutôt premier des enjeux) de notre coup d'oeil : la qualité et la pertinence des informations publiées par les internautes. N0tice compte sur ce point s'appuyer sur une charte des contributeurs plutôt bien construite a priori : en un certain sens, le site grave sur sur son fronton « nul n'entre ici si n'est bienveillant ». D'ailleurs, le site explique bien que tous les individus malveillants seront bloqués à la première incartade. Autrement dit, à charge pour chacun, de contribuer utilement au bon fonctionnement du site en étant, autant que faire se peut, pertinent, clair, concis, de bonne foi et sans arrière-pensée. Ce qui veut dire que l'on a le droit d'être critique sur N0tice, mais certainement pas de mauvaise foi.

De ce point de vue, on peut y voir un bel exemple de re-territorialisation des pratiques web : de la même manière que vous ne faites pas n'importe quoi en bas de chez vous, vous ne pouvez pas vous permettre de vous montrer haineux sur un site local puisque c'est au vu, et au su de tous ceux qui vous côtoient au pub, à la sortie de l'école, ou au travail.

N0tice a donc un credo : il est possible de s'appuyer sur ses communautés pour structurer/réguler son écosystème d'informations locales. Si l'on s'en tient à ce qu'il est écrit sur le site, pour l'heure, il s'agit bien de s'appuyer sur ceux qui, d'ores et déjà, sont actifs et engagés, au quotidien, dans leurs quartiers. Le site ne fait aucune mention d'un travail journalistique qui pourrait venir éditer, compléter, ou renforcer la couverture des informations sur le territoire concerné (pas même de trio façon Rue89 : internaute/journaliste/expert). Est-ce à dire que le travail d'enquête, les grandes interviews et autres suivi méticuleux auront d'autres espaces dédiés, sur des sites d'information strictement journalistiques ? N0tice ne le dit pas.

Quoi qu'il en soit, pour mettre en musique cette partition participative, on peut voir, sur la capture d'écran illustrant cet article, le dispositif pré-calibré par l'équipe de N0tice : il existe (au moins) trois façons de donner son avis sur une information postée par un autre internaute.

1/ L'article que vous avez sous les yeux est-il : Important ? Trivial ?

2/ Les lecteurs vont-ils trouver cet article : Intéressant ? Pénible ?

3/ Cet article est-il : Pertinent ? Hors de propos ?

Au-delà, le lecteur a la possibilité de signaler tout contenu qui, à ses yeux, relève de l'ordre du spam ou du message indésirable.

N0tice ne donne pas encore de calendrier sur la suite du projet : il sera intéressant de voir si son environnement fonctionne, si ce libre marché de l'information s'avère pertinent, et si les annonceurs sont prêts à suivre sur un tel espace participatif, à la fois ouvert et resserré sur des communautés.