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L'avenir de la Toile, l'information en temps réel et la "long data"

on mar, 02/05/2013 - 07:50

Par Julien Le Bot

Loin des tractations et commentaires portant sur l'accord (qualifié à la hâte d'"historique" quand tout un chacun mesure qu'il s'agit là d'un pis-aller momentané) entre Google et les éditeurs réunis au sein de l'association IPG (pour la presse d'Information politique et générale), deux articles sont venus questionner utilement le devenir du web, le rôle de la donnée dans notre compréhension du monde (ou de l'histoire), et la nécessité de travailler avec de nouveaux outils sans se contenter de subir ce déluge-informationnel-qui-vient en s'abritant opportunément sous le parapluie du "slow journalism".  Le premier, publié par Rémy Sussan sur le site d'Internet Actu, appréhende clairement l'enjeu en contextualisant historiquement son approche : "Sortir de la tyrannie du présent" (en regardant dans le rétroviseur). Le second, publié par David Gelernter dans la revue Wired, tisse un récit mâtiné de futurologie, mais non dénué d'intérêt : "The end of the web, search and computer as we know it". Avec, au coeur de tout ça, une question : c'est en apprenant à bien appréhender les données que l'on pourra construire les modèles à venir (culturels, cognitifs ou économiques).        

Chaque époque vit, à sa façon, une transition. L'innovation est un concept hérité du XXeme siècle (formalisé par l'économiste Schumpeter) qui a encore la cote, la révolution est une idée à triple détente ( (i) physique, comme une rotation du globe sur lui-même, (ii) historique, incertaine et actuelle, comme on l'a vu récemment dans le monde arabe, et (iii) philosophique, puisqu'il s'agit de trouver des points de rupture dans des mouvements de plus grande ampleur), et l'avenir (vu comme une promesse ou comme une incertitude, c'est selon) est sans cesse réévalué à la lumière de nos (humbles) connaissances.

Et c'est précisément sur ce terrain là que se joue la bataille de la donnée et du web, et de l'information. L'article de Rémy Sussan "Sortir de la tyrannie du présent" part à la recherche des informations utiles par gros temps en s'inspirant du travail d'un mathématicien américain, Samuel Arbesman : s'il y a déluge permanent de données (et si l'on parle de "Big Data"), ne serait-il pas opportun d'aller chercher des informations au long cours ? Non pas des données au souffle court (la donnée en temps réel issu d'un capteur sur un périphérique lambda), mais des données plus élaborées, plus denses et complexes, plus adaptées aux enjeux d'interprétation plus larges qu'au suivi obstiné d'une palanquée de paramètres. C'est là tout l'enjeu de ce qu'il appelle la "long data" ou "information sur les phénomènes longs".

La "long data", remède au trop-plein de temps réel ? 

Pour qui s'intéresse à l'intersection temps présent/histoire (ce que nous vivons "aujourd'hui" est-il conforme à ce que nous projetions "hier" ?'), un parallèle est tentant : c'est une question vieille comme le monde (ou comme l'histoire) que de savoir s'il est possible, tout de suite, de comprendre ce qui se joue, maintenant. En effet, comment construire des récits globaux, comment bâtir des interprétations au long cours, ou comment repérer des cycles historiques derrière le tremblement permanent de l'actualité ? Au-delà, est-il pertinent d'appréhender l'histoire au travers de ces outils d'interprétation globaux quand on mesure l'indécidabilité caractérisant le temps présent, l'incertitude historique pesant sur chaque époque et la variété évidente des perceptions individuelles ?          

Les comparaisons rassemblées par Rémy Sussan font le tour de quelques unes des entreprises d'explications globales du monde avant même l'apparition de ces "long data" (et de technologies dites big data susceptibles de manipuler des volumes inédits de données hétérogènes) : il évoque les analyses de Jared Diamond ou, plus proche de nous encore, les recherches de l'historien Fernaud Braudel, qui ont su montrer en leur temps leurs pertinences mais aussi leurs limites. Du reste, le XXe siècle nous a rappelé combien les approches systématiques de l'histoire pouvaient s'avérer funestes.   

Ce qui intéresse plus particulièrement le mathématicien Samuel Arbesman dont parle le journaliste Rémy Sussan, c'est de travailler sur la possibilité - ou non - de modéliser (toujours mieux) des méthodes et de développer des outils permettant de redonner du sens à la donnée de court terme en lui donnant de la profondeur. C'est précisément là qu'interviennent les technologies dites de Big Data : peut-on s'appuyer sur ces outils pour modifier notre perception du temps ? Et pour ralentir, en quelque sorte, cette sensation de déluge ou d'infobésité ? 

Cette préoccupation rejoint le coeur de notre approche de l'information à l'heure du websémantique : est-il possible, finalement, d'apporter la bonne information, à la bonne personne et bon moment ? Ne pourrait-on pas, à défaut d'analyse globale et prédictive, répondre à des besoins immédiats en comprenant mieux les logiques individuelles, les problématiques de terrain ou les dynamiques de territoires ?  

C'est là tout le sens, quelque part, des projets sur lesquels les associés de Yakwala travaillent depuis des mois (et dont nous avons parlé dans le précédent billet) : la curation, comme on le disait il y a quelques mois encore au sujet des contenus, vaut aussi (et surtout) pour la donnée. "L'Open Data" est (ou la donnée ouverte, c'est-à-dire susceptible d'être mise en correspondance avec d'autres données sans obstacle majeur), de ce point de vue, une opportunité fabuleuse à l'intérieur des problématiques, plus large, posées par les données dans leur ensemble (données issues de capteurs, données personnelles, données macro-économiques ou hyperlocales) !   

Le web (tel que nous le connaissons) existe-t-il encore ? 

Cette immersion dans un monde de données (véhiculées sur le web) peut nous permettre de hasarder le raisonnement un peu plus loin encore, comme a pu le faire David Gelernter dans la revue Wired. Son credo : si tout devient (ou se retrouve sur le) web, le web existe-t-il ? Si nous sommes traversés de données, de messages, d'informations et de signaux de toutes sortes, ne sommes-nous pas entrés dans un nouveau monde ? Ce chercheur américain - qui se présente à la fois comme expert associé au projet Lifestream et comme artiste - n'hésite pas à faire le grand saut. "Le web tel que nous le connaissons" est déjà derrière nous. Les modalités de recherche sur la Toile sont inadaptées à cette ère du flux permanent (à cette civilisation liquide, pourrait-on dire, en écho aux recherches sur la modernité de Zygmunt Bauman) :

"Instead of today’s static web, information will flow constantly and steadily through the worldstream into the past."

Ce dont nous avons besoin, désormais, c'est d'avoir des informations qui nous trouvent, des données qui nous viennent directement, des flux qui nous transportent - en fonction de ce que nous voulons. Le tout dans un même espace, un lieu ouvert, individualisé, disponible, évolutif. Au fond, tout devient disponible en mode "flux", et il suffit de se brancher ("tune-in") sur cet écosystème global et local.    

"This future doesn’t just kill the operating system, browser, and search as we know it — it changes the meaning of “computer” as we know it, too. Whether large or small (e.g., a smartphone), a computer’s main function in the near future will be tuning in to — as a car radio tunes in a broadcast station — the constantly flowing global cyberflow." 

Il ne s'agit pas nécessairement pour nous de filer trop hardiment cette métaphore (ni de nous livrer à quelque vaine forme de futurologie), mais il se trouve dans cette image une idée force qui rejoint notre approche (patiente, passionnée, méticuleuse et ouverte) de la donnée : il est urgent de prendre le temps de développer progressivement des outils et des méthodes de travail appropriées à ces enjeux culturels, éditoriaux et technologiques en associant un maximum d'acteurs motivés. Journalistes, développeurs, designers, ingénieurs et/ou éditeurs de données : l'aventure - ou, si l'on préfère, l'innovation - est quelque part à la croisée de ces chemins !       

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Crédit : @BiblioArchives (Licence Creative Commons)

Commentaires

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