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La presse peut (et doit) pouvoir s'emparer des données locales

on mer, 11/21/2012 - 09:29

Par Julien Le Bot

Qu'est-ce qu'une politique (ou stratégie) ambitieuse en matière d'innovation pour un groupe de presse locale ? Comment investir alors que les caisses sont (parfois) vides tout en ne loupant pas le virage numérique ? Est-il possible (voire souhaitable) de travailler en bonne intelligence avec des start-ups et/ou des professionnels indépendants pour faire bouger le paysage numérique local ? Le parti pris de Yakwala - et de bien d'autres acteurs de l'information qui ont souhaité prendre la tangente pour mieux développer leurs activités et leurs recherches - est sans ambiguïtés : c'est l'ensemble des acteurs du numérique qui doivent travailler ensembre ré-inventer l'information - notamment locale. Datajournalisme, Open Data (des collectivités, culturel ou du tourisme), ou encore services de proximités : ce billet (condensé) revient sur trois points durs de l'innovation (relevés par Jean Abbiateci, Datapublica, et l'émission "du Grain à Moudre" de France Culture) dont la presse locale doit pouvoir s'emparer.      

Tout est parti d'un billet au raisonnnement "clair et distinct", comme aurait dit Descartes, publié par le (data-)journaliste Jean Abbiateci : 7 idées de projets pour la presse locale.

Dans cet article, l'auteur prend le temps de détailler sept façons de fabriquer de l'info et/ou du service en allant piocher dans le "potentiel inexploité" du datajournalisme, mais sans avoir pour autant à se poser la question des moyens. Il n'est pas nécessaire de tout réinventer tout de suite : il suffit parfois de commencer pour enclencher ensuite un processus.

Le concept d'hyperlocal est d'ailleurs fortement intégré à cette réflexion puisqu'il s'agit notamment de "raconter sa ville au plus près des quartiers" ! Pour retrouver le détail de ces approches de l'information locale croisant le chemin et/ou les jeux de données (Insee, Open Data, etc.), le mieux, c'est encore d'aller jeter un oeil sur Papier Brouillon, le blog de Jean Abbiateci. 

=> http://jeanabbiateci.fr/blog/projets-de-datajournalisme-que-la-pqr-pourrait-mettre-en-place/

Datajournalisme toujours, le blog de Datapublica revient précisément sur les définiations possibles de cette pratique en devenir : raconter des histoires en interrogeant des données. 

Pour le coup, il s'agit bien plutôt d'aller voir du côté des professionnels (indépendants) - "ventriloques de la data"  pour reprendre l'expression de l'auteur de cet article Benjamin Gans - qui ont pris à bras le corps cette question en se lançant dans tout un tas de projets et d'innovations reposant sur le bon usage des données qui, comme chacun sait, ne nous parlent pas si l'on ne prend pas le temps de les interroger, de les croiser, et de les mettre en forme. 

=> http://www.data-publica.com/content/2012/11/5-questions-a-6-datajournalistes/

Un peu d'Open Data, enfin, avec, dans le prolongement de la présentation de la plateforme SémanticPedia, une émission de l'équipe d'Hervé Gardette (sur France Culture) sur le thème des données culturelles (et de de leur réutilisation).   

L'émission "Du grain à moudre" du mardi 20 novembre a permis de revenir sur cette question qui n'est pas sans lien avec le régime juridique spécifique des oeuvres d'art en France (dans le cadre de ce qu'il est courant d'appeler "l'exception culturelle" hexagonale).

Voici comment l'émission présente son approche : "A qui appartiennent les données culturelles ?"

Je reproduis ici le lancement de ce débat parce qu'il résume assez bien les enjeux en cours :

Partons d’une hypothèse : vous êtes enseignant et vous préparez avec vos élèves un travail consacré aux collections du musée d’Orsay. Malheureusement, vous n’avez pas la possibilité de faire déplacer votre classe jusqu’à Paris. Qu’à cela ne tienne : grâce au Google Art Project, vous allez pouvoir approcher de très près plus de 250 tableaux du musée : Orsay, comme beaucoup d’autres institutions culturelles, a rejoint le projet en ligne du groupe américain : la numérisation des œuvres d’art du monde entier. Le résultat, en terme de restitution, est époustouflant. Mais il y a un hic : impossible d’utiliser ces images en dehors du site qui leur est dédié : le copié-collé est proscrit. 

 

Les œuvres présentées appartiennent pourtant au domaine public. Mais les musées rechignent à leur rendre leur entière liberté. C’est notamment le cas en France, pays du droit d’auteur et de l’exception culturelle. En vertu de ces principes, de nombreuses institutions s’opposent à la mise à disposition gratuite et sans contrepartie de leurs contenus. Elles font aussi valoir, sans doute à juste titre, que le travail de numérisation coûte cher, en particulier en période de coupes budgétaires, et qu’il n’y a pas de raison de faire cadeau d’un tel travail et d’un tel patrimoine. Surtout pour une réutilisation à des fins commerciales.

 

Situation figée ? Plus vraiment. Hier, la ministre de la Culture, Aurélie Filipetti, a signé un accord avec Wikimédia France, l’encyclopédie participative. Une évolution, à défaut d’une vraie révolution ?

 

Pour ceux qui souhaitent en savoir plus, l'émission est à ré-écouter ci-dessous ! 

Le philosophe Francis Bacon disait - en substance - que le temps était "le plus grand des innovateurs" : à lire et suivre tous ces débats, on mesure en effet toute l'ampleur des chantiers à venir. Mais c'est dès à présent qu'il s'agit de de s'y mettre. Jusques et y compris pour les médias locaux. Alors en route ! 

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Crédit : @Knowtex (Licence Creative Commons)

Commentaires

Portrait de haittyMal

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Portrait de haittyMal

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