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La Nouvelle République se déploie (un peu plus) sur la Toile

on mer, 01/04/2012 - 13:33

Par Julien Le Bot

La presse quotidienne régionale (PQR) n’échappe (à l’évidence) pas aux bouleversements (économiques, éditoriaux, etc.) que la Toile impose aux médias. Après avoir réorganisé ses rédactions (formées au « bi-média »), la Nouvelle République vient de lancer une nouvelle version de son site Internet. Entretien avec la journaliste Chantal Pétillat.      

Concilier le temps court et le temps long. Le flux permanent et le long cours. L’histoire (d’un groupe de presse) et l’urgence (d’une situation). Le cœur de métier et les nouveaux horizons. La Nouvelle République, avec ses 11 éditions sur 5 départements, ne pouvait pas ne pas réagir. Et reformuler son offre sur la Toile. Une étape est donc franchie avec un nouveau site, et pas mal de projets. Entretien avec Chantal Pétillat.

Comment, à l’heure actuelle, travaillez-vous sur le site web ?    

C’est d’abord une filiale de la Nouvelle République qui est en charge des développements du site. Ensuite, du point de vue rédactionnel, nous travaillons à deux, à Tours, pour piloter et coordonner les évolutions du site depuis le siège. Nous allons passer à quatre dans les jours qui viennent. Par ailleurs, l’ensemble des journalistes du quotidien a été formé, pendant cinq jours, au « bi-média ». Nous souhaitons donc, sur cette base-là, renforcer notre présence sur la Toile en termes de flux et d’information en continu. Chacun, déjà, y contribue, que ce soit avec des alertes, des vidéos, ou des articles web.  

Et comment travaillent, à l’heure actuelle, les rédactions locales ?

Nous nous appuyons d’abord sur un référent web présent dans chaque département. Ce dernier est toujours un journaliste qui travaille par ailleurs sur le papier, mais qui au-delà est force de proposition pour nous épauler dans la production de contenus multimédias. C’est d’ailleurs un élément essentiel de notre dispositif pour penser nos journées de travail en mode bi-média. Il faut que chacun sache ce qu’il doit faire, à quel moment, et pour quel support (papier ou web).

Ces référents ont un rôle clé, finalement, dans l’évolution des pratiques des journalistes, n’est-ce pas ?  

En effet, d’autant plus qu’ils facilitent la prise en mains des outils numériques. Ils gèrent d’ailleurs les pages Facebook départementales, les réactions des internautes sur la page dédiée du site, ou sur l’espace « entre nous et vous », etc. Ils font vivre, en quelque sorte, la communauté.  Et nous aident à hiérarchiser l’information.

Au-delà, comment voyez-vous l’évolution de l’offre de la « NR » ?

Maintenant que nous avons su nous approprier cette culture « bi-média », nous avons vraiment envie d’être présents sur le front de l’info en continu.

Quant au site, quelle(s) nouveauté(s) ?

Il s’agissait avant tout pour nous de stabiliser notre plateforme (lancée en 2010) pour gagner en réactivité, et en qualité de navigation. Ce n’est pas spectaculaire pour les internautes, mais c’est une étape importante pour la rédaction.  Nous avons tout de même répondu à une attente assez forte des internautes : c’est la possibilité de suivre l’information de leur commune en direct.

Quelle sera la prochaine étape ?

On ne veut pas faire de la vidéo pour faire de la vidéo. Il faut qu’on apprenne à bien penser nos cycles de travail et nos façons de couvrir les actualités pour rester complémentaires avec le papier – qui reste très important pour nous. Nous avons tout de même prévu des équipes disposant d’un matériel un peu plus conséquent pour faire de la vidéo (de meilleure qualité), et nous souhaitons produire du « rich média » (des articles associant du son, du texte, des photos, etc.) et du direct. Avec par exemple du « liveblogging » en conseil municipal, ou des expériences comme ça.  Nous avons aussi des applications mobiles et tablettes qui devraient être prêtes pour le mois de février.   

Dernière question, « le nerf de la guerre ». Le site de la NR est actuellement gratuit : pensez-vous ériger des murs payants ? Mettre en place des abonnements ?

Pour l’instant, nous comptons rester sur du tout-gratuit. Mais nous avons quelques projets à l’étude – dont la mise en production de sites satellites, spécialisés, qui pourraient être payants. Je ne peux pas en dire plus pour l’instant, et nous n’avons pas de calendrier. Mais c’est dans les tuyaux. Quoi qu’il en soit, il faut saluer le parcours accompli, déjà, par les journalistes, qui sont passés au bi-média à l’issue d’un plan social,  et qui, aujourd’hui, sont plutôt demandeurs et volontaires pour mettre en place de nouvelles façons de travailler. Nous avons envie de continuer sur cette lancée.     

Crédit : Capture d'écran du site Internet de http://www.lanouvellerepublique.fr/