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La carte (des données publiques) et le(s) territoire(s)

on lun, 11/28/2011 - 13:26

Par Julien Le Bot

Ceci est un billet tout entier emprunt de « zadigacité ». Pour mémoire, et pour dire ce que cette notion recouvre, il suffit d’aller voir du côté de son synonyme le plus immédiat : sérendipité. Autrement dit, le fruit du hasard (de la navigation) et de la nécessité (à grand renfort d’algorithme). Bref : aujourd’hui, cinéma, données libres et territoires avec deux détours : à Montpellier, et à San Francisco.    

C’est en passant sur le (très beau) site que Montpellier consacre à sa politique en matière d’OpenData que je suis tombé sur un billet de blog particulièrement intéressant signé Jean-Marie Bourgogne, directeur du programme Montpellier Territoire Numérique.

Que nous raconte ce billet publié sur le blog de la culture et du numérique (coordonné depuis Paris par quelque chargé de mission de la Rue de Valois) ?

Que la libération de données ne doit pas se contenter de permettre de savoir si les tramways sont à l’heure ou en retard. Il n’existe aucune raison valable pour considérer que la culture peut et doit se contenter de devenir le parent pauvre de l’Open Data - comme l’a écrit par ailleurs un certain Charles Népote (qu’il en soit remercié !).

Aussi la ville de Montpellier a-t-elle souhaité « libérer » des données susceptibles d’être reprises et transformées à des fins assez peu habituelles en la matière.

Et Jean-Claude Bourgogne de préciser le fond de sa pensée : 

« Il peut s’agir de faire naitre des programmes des sorties culturelles consultables par tous et sous différents formats. Dans cette optique, la ville de Montpellier a par exemple mis en ligne sur son portail Open Data la programmation de toutes les ZAT -Zones Artistiques Temporaires- dans le but d’inviter le public ou les créateurs de service à se réapproprier ces données.

D’autres types de service utiliseront (…) l’offre et la richesse culturelle (muséographies, monuments, musiques, etc.) via la mise en place de représentation des œuvres présentes sur le territoire : catalogues, cartes sensibles… Cela permettra de découvrir et consulter les œuvres en fonction de critères de recherche (…) indépendamment des institutions qui les accueillent.

Ce type de service tire profit de la multiplication des terminaux mobiles (…) et inviter le citoyen à découvrir sa ville à travers des parcours d’œuvres géo-référencées à l’image dehttp://www.filmaps.com/ qui propose de découvrir des villes à travers des lieux de tournage. »

Comment ne pas avoir envie d’aller voir ce qui, dans ce dernier cas, pourrait être fait pour les cinéphiles que nous sommes tous (ou presque) ?

Filmaps se révèle assez fascinant à explorer : à la charnière entre le territoire réel et le territoire fictionnel, il ya là de quoi créer et retrouver des parcours cinématographiques qui nous ont marqués. 

Exemples à San Franscico. Au milieu du paquet de navets (géolocalisés) proposés par les internautes (Filmaps étant « crowdsourcé », c’est-à-dire abreuvé par les utilisateurs, il faut savoir faire abstraction pour composer avec les goûts et les couleurs des uns et des autres) pour cette sympathique ville de la côte Ouest des Etats-Unis, il est possible de « pister » quelques lieux de tournages de chefs d’œuvre. A la pousuite de Bullitt, de Peter Yates, ou de Vertigo, d’Alfred Hitchcock. En cliquant sur « view tour », libre à vous d’aller vagabonder dans les rues se croisant, à angles droits, à flanc de coteaux (au risque de croiser le fantôme de Steve McQueen), ou au pied d'une pile de pont (à l'endroit précis où James Stewart a sauvé Kim Novak).  

Crédit : @ Jake Yorath Photography (Licence Creative Commons), et capture d'écran du site Filmaps (page consacrée à San Franscico). 

P.S. : A noter, pour les aficionados de l’OpenData égaré dans le Languedoc, la petite info suivante : la dernière mise à jour du site Montpellier Territoire Numérique se fend d’une mini-révolution en adoptant des formats autorisant les usages liés à ce que l’on appelle le web sémantique.