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La carte Urbacolors et le territoire du Street Art

on lun, 03/12/2012 - 15:23

Par Julien Le Bot

Un musée n'est pas nécessairement en dur, subventionné, et savemment mis en scène par quelque conservateur et/ou commissaire rompu à la novlangue philosophante de rigueur dans les foires d'Art conteporain. Si ce qu'on appelle le "Street art" existe ("l'Art urbain", si l'on préfère), et si l'on veut s'y retrouver dans cet exercice de style urbain intempestif et anarchique, il est mieux, quand même mieux, de disposer d'un outil de repérage et de partage de ce qu'on peut voir, surprendre, et retenir dans les rues des villes (et pourquoi pas les rues de champs). Allons donc voir Urbacolors.

Il ne s'agit ni de faire une généalogie de ce désir irrépressible de venir coloniser nos villes avec des formes, des couleurs, et des gestes "hackant" en quelque sorte l'espace public, ni de dresser un panorama des initiatives visant à promouvoir et/ou protester contre ce mouvement artistique mondialisé. Non, il s'agit bien plutôt de jeter un oeil du côté d'un ebelle initative : Urbacolors. En un mot (ou un peu plus), il s'agit de permettre à tout un chacun de participer à l'élaboration d'une géographie (mouvante) des oeuvres disséminées ici et là dans nos villes (mondiales). Pour que toute personne qui, avec sa 2CV (comme sur la photo) ou sa monture vélocipédique, puisse vivre pleinement ses excursions esthétiques.  

Et ça ressemble, grosso modo, à ça... 

Où l'on voit qu'en région parisienne, l'Art urbain n'a rien d'une pratique marginale. A la limite, si l'on regarde de près, on s'aperçoit que même dans des territoires aussi peu enclin au swing que les arrondissements de l'ouest, il existe des traces, des manifestations, des oeuvres n'ayant pas grand chose à voir avec la sagesse commune aux thuriféraires du tout-beau-tout-propre-pas-un-cheveu-qui-dépasse.

Urbacolors est disponible sur mobile, bien entendu, puisque c'est ce derneir qui permet d'aller chercher et/ou de disposer d'un outil adapté pour : 1/ prendre un instantané et 2/ géolocaliser l'oeuvre jusqu'ici inconnue et désormais archivée. 

Derrière Urbacolors, deux individus : Matthieu Ollivier et Aurélien Michaud. un "geek" et un "hipster" - pour reprendre leurs propres expressions. Et un projet dont l'objectif est à la fois simple et évident : "constituer une immense collection communuataire d'art urbain". Pour ce faire, ces derniers ont prévu tout un dispositif (assez habituel dans ce genre d'appli) permettant d'encourager les "mobinautes" à répéter leurs repérages en gagnant des points. Prochaine étape : la création de communautés partageant des goûts, comparant leurs actions, et étoffant le cas échéant, qui sait, de leurs propres oeuvres les rues qu'ils pourront emprunter.      

Crédits : @Seljes (Licence creative commons) et captures d'écran du site Urbacolors.