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Vagabondage local au côté de "Bretagne Durable"

on jeu, 12/01/2011 - 14:55

Par Julien Le Bot

A chaque territoire, une alchimie. Une façon de faire. Et la Toile est un champ ouvert. A tous les possibles. « Bretagne Durable » a adopté un parti pris pour construire son réseau local : une association, un site web, mais aussi une revue, et une série de partenariats pour couvrir la région Bretagne. Entretien avec Magali Chouvion.

La Toile a délinéarisé le monde. Et contribue à sa façon à re-territorialiser les pratiques. Le journalisme n’y coupe pas, qui peut composer pas mal de choses avec les effets de réseaux qu’on imagine sur un territoire donné. Exemple avec "Bretagne Durable". Magali Chouvion et Julien Dézécot,  les fondateurs de ce site à vocation régionale, ont su fédérer autour d’eux tout un ensemble de partenaires (associatifs, institutionnels, etc.) et de collaborateurs partageant une même envie : contribuer à faire connaître toutes les initiatives locales en matière de développement durable. Pour ce faire, un montage simple : une association, lancée le 7 novembre 2009, une plateforme web, et pas mal de soutiens (publics et privés). Entretien.

Qu’est-ce qui, au départ, a motivé la création de votre site d’informations ?

Il y a d’abord eu un constat. Je suis journaliste spécialisée dans le développement durable et je me suis très vite aperçue qu’il n’y avait pas ou peu d’informations circulant autour des nombreuses initiatives qu’on peut observer en Bretagne.  Pour tout un tas de raison, d’ailleurs. Toujours est-il que nous avons eu envie de mettre en valeur cette spécificité régionale tout en relayant auprès d’un public plus large toutes ces dynamiques locales à l’œuvre – que ce soit du point de vue social, économique, ou environnemental.

Vous avez opté pour deux choix : une association, d’abord, et le web, ensuite. J’imagine qu’il n’y a pas que des questions de coût : quel était à vos yeux l’intérêt du site Internet ?

L’aspect collaboratif. Nous avons voulu créer un réseau en travaillant avec une série de partenaires pour élargir notre couverture. Le web était à l’évidence l’outil le plus adapté à nos besoins. Au-delà, notre objectif était de permettre à tous ceux avec lesquels nous travaillons de publier, dans un espace dédié, leurs informations – que nous relisons, pour maintenir la qualité du site, mais que nous corrigeons rarement. Ce dispositif nous permet de distinguer le travail de la rédaction des articles postés par nos partenaires.

Votre média est finalement relativement récent : mais avez-vous déjà la sensation d’être bien identifié, déjà, dans le paysage éditorial local ?

Oui, et c’est sans aucun doute l’effet de notre réseau de partenaires. Nous avons dû prendre le temps, au départ, de nous présenter, de construire notre projet en toute transparence pour que chacun connaisse et comprenne nos intentions. C’est extrêmement important comme élément : on ne peut pas débarquer comme ça. Il faut montrer patte blanche et construire une relation de confiance. Ensuite, nous avons été ravis de voir que tout s’est bien passé : chacun s’est peu à peu emparé de l’outil. Et le site est désormais relativement bien connu. Enfin, nous nous efforçons d’intervenir ici ou là dans des débats, ou en organisant des animations.

Vous avez lancé le 9 octobre dernier une revue trimestrielle : à quelle fin ?

C’est complémentaire de notre offre sur le Web. Nous avons eu envie de pouvoir nous appuyer sur un support différent, agréable à lire, qui ne s’inscrit pas dans le même espace-temps. Par ailleurs, et pour des raisons journalistiques, nous avions envie de trouver un relai adapté au travail d’enquête, qui se nourrit et s’appuie sur des photos.  Enfin, c’est aussi une façon d’élargir notre lectorat puisque nous touchons avec le papier un public sensiblement différent. D’ailleurs, nous avons envie de poursuivre dans cette façon de concevoir une complémentarité des deux supports : le site web sera de plus en plus voué à tout ce qui est contenu multimédia et autres formats courts, tandis que le papier restera un objet de lecture au long cours.

Finalement, avez-vous des chiffres pour nous donner une idée de votre diffusion ?

Le premier numéro a été à 5 000 exemplaires. Il est toujours en kiosque ; nous ne pouvons pas encore savoir s’il s’est bien vendu. Mais nous avons 400 abonnés. Ensuite, le site attire 20 000 visites/mois environ, pour 13 000 visiteurs uniques.

Côté multimédia, comment faites-vous ?

Nous avons recruté un JRI récemment qui produit trois sujets environ par semaine. Par ailleurs, nous faisons pas mal de sons qui sont postés sur le site. Et encore une fois, nous vivons aussi grâce à tout ce que nos partenaires produisent : nous travaillons avec six radios locales, et une télévision locale. Nous nous appuyons sur leurs savoir-faire et leurs moyens pour produire certains reportages,  nous intervenons à la radio en faisant des revues de presse ou avec des chroniques. Quoi qu’il en soit, c’est un gage de crédibilité et de visibilité pour notre équipe.   

Au-delà de la revue, avez-vous d’autres projets pour développer Bretagne Durable ?

Nous voulons avant tout consolider notre modèle pour maintenir les emplois. Ensuite, bien évidemment, nous souhaitons revoir notre stratégie en matière de web. Il faudrait qu’on s’attaque au lancement d’une version mobile, ou encore aux questions liées à la géolocalisation. Mais c’est sur ce point assez difficile pour nous de trouver des ressources : certaines de nos subventions sont conditionnées. Elles interdisent notamment le recours à la publicité. Nous réfléchissons donc sérieusement à un certain nombre de choses qui pourraient nous permettre, en 2012, de continuer notre travail. Quitte à faire évoluer notre façon de travailler.

Crédit : @Givikat (Licence Créative Commons)