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(Ré)enchanter un territoire avec WebTVrennes

on mer, 01/11/2012 - 13:18

Par Julien Le Bot

La technologie n’est pas (nécessairement) l’alpha et l’oméga de l’émancipation. Il est en revanche faux d’affirmer que les techniques ne contribuent en rien à la fois dont l’histoire se déroule, dont le présent est vécu, et dont un territoire respire. Il ne s’agit pas ici de faire l’éloge de la médiologie (chère à Régis Debray), mais tout simplement de parler d’une association : "A tort ou à Roazhon". Entretien avec l’un de ses bénévoles (hyper)actifs : Yannick Delafontaine.            

"A tort ou à Roazhon" est une association (rennaise, évidemment) dont l’empreinte sur le territoire se remarque aisément : il arrive, en marge d’un festival ou d’une manifestation culturelle, que des baudauds se mettent à danser. Qu’une Kangoo s’arrête sous un arbre pour se transformer, l’espace d’une bande-son, en « Plus petite boîte de nuit du monde ». Que ce soit en mode « Magic Meeting » ou en (collective) « Chevauchée sonore », il se trouve dans cette histoire quelque savante alchimie dont il faut bien dire qu’elle est à bien y regarder réjouissante. Un territoire ne vit que s’il est ré-inventé par tous (mais surtout par chacun). Comment ça marche ? Qui fabrique ça ? Où va-t-on de la sorte ? Entretien avec Yannick Delafontaine.         

A Tort ou à Roazhon est le nom de l’association qui se cache derrière toutes ces expériences qu’on peut retrouver (notamment) sur le site WebTVrennes.fr : pouvez-vous nous raconter les premières heures de cette aventure ?

Au départ, nous étions deux – Benoist Lhuillery et moi : il n’y avait alors ni association ni projet cohérent. Mais nous avions envie de nous lancer dans la production de petits films. Et nous avons commencé en tentant le coup avec « Sushi, hype ? ». Nous avons eu l’occasion de montrer ce film à quelqu’un de la  mairie de Rennes qui nous a conseillé de former une association pour pouvoir monter de nouveaux projets.

Ce que vous avez fait : vous êtes donc une petite équipe de bénévoles, désormais, qui travaillent au coup par coup, sur des projets, n’est-ce pas ?

 Exactement, c’est comme de la prestation de service. Nous proposons d’alimenter des évènements en vidéos un peu décalées sur une thématique donnée. Notre objectif étant de valoriser la prise de parole, d’inciter au partage, de promouvoir des évènements culturels, nous ajustons pour chacun de des projets la façon dont nous intervenons.

Par exemple ?

Il y a eu pas mal d’essais et de propositions. Il y a eu le festival des Coquecigrues où l’on a accompagné l’évènement en produisant chaque jour un petit film sur chaque journée (voir ci-dessous).


Le buzz des Coquecigrues (tous les épisodes) par webtvrennes-com

Nous avons également fabriqué un court-métrage en quatre épisodes où le public devait voter pour décider de la suite, précisément, de l’histoire du film. Nous avosn aussi fait de l’éducation à l’image pendant la nuit D4 Jeudi où 15 étudiants ont pu s’approprier les outils de production de contenus vidéos pour mieux comprendre les enjeux et problématiques liés au(x) média(s) en général.

Au fond, votre modèle économique – pour ainsi dire, puisque c’est une association -, c’est l’intervention ponctuelle pour laquelle l’association réclame un montant précis ?

En effet, chaque intervention donne lieu au versement d’une somme qui nous permet de mettre en place notre dispositif. Il est important de dire que nous ne touchons aucun revenu, à titre individuel, dans le cadre des activités de l’association.

Tout est investi/reversé dans le fonctionnement de l'association ?

Oui, nous avons besoin de matériel audiovisuel, par exemple, et nous sommes sur le point de racheter une voiture Kangoo pour pouvoir continuer à faire vivre la « Plus petite discothèque du monde ».  

Précisément, pouvez-vous nous parler de cette aventure avec la Kangoo ?

Nous avons envie de transformer ce véhicule en lieu privilégié pour la prise de la parole. Nous avons eu l’occasion de tenter l’expérience dans le cadre du Festival de Bourges, et le public a bien apprécié cette proposition.

Le mieux, pour découvrir ce que ça peut donner avec des collégiens, c’est encore de voir à quoi ressemble cette expérience en acte :


Le collège de mes rêves... #1 par colleges18   

Comment voyez-vous la suite ?

On va de plus en plus vers l’évènementiel – parce que l’on s’est aperçu qu’il fallait trouver une cohérence, suivre un fil, pour nous spécialiser. Nous faisons d’ailleurs de moin sen moins de vidéo à proprement parler.

C’est donc ce qu’on peut voir sur le site ExperienceMP3.fr, n’est-ce pas ?

Oui, on peut voir ce que nous essayons d’organiser sur des territoires précis  -où des institutions nous demandent d’intervenir. Nous nous adressons, finalement, de plus en plus à des programmateurs. Je pense notamment à deux expériences qui marchent bien. Il y a d’abord le « Magic Meeting » : c’est une œuvre collective, participative, et itinérante. On invite le public à télécharger un fichier MP3, et on emmène tous ceux qui le souhaitent dans un quartier donné pour les inciter à redécouvrir cet espace avec toutes sortes de pratiques corporelles (voir vidéo ci-dessous). Nous faisons aussi ce parcours sous forme réduite avec la « chevauchée sonore » - c’est alors l’association qui donne rendez-vous à des groupes de 40 personnes, et nous fournissons les lecteurs MP3.


Mp3 Experiment Villejean Coquecigrues à Rennes... par webtvrennes-com

Pour finir, une question : vous êtes de plus en plus sollicité, le statut associatif sied-il à ce rythme de croisière ?

A l’heure actuelle, oui, puisque nous avons tous des activités professionnelles par ailleurs. Mais le projet évolue, et il n’est pas impossible qu’à terme nous soyons amené à « professionnaliser » ce travail.    

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Crédits : capture d'écrans des sites WebTVrennes et de ExperienceMP3.fr