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L'avenir de l'art (numérique) passe-t-il nécessairement par le SPAMM (SuPer Art Moderne Muséum) ?

on lun, 01/02/2012 - 08:44

Par Julien Le Bot

L'heure est grave, les temps sont durs, l'euro nous fait une crise d'adoloescence (pour ses dix ans) et l'esprit de sérieux est de rigueur (austérité oblige). Yakwala, pour qui rien n'est perdu d'avance (puisque tout s'invente sans cesse), quoi de plus naturel que de commencer l'année par un détour artistique sur la Toile. Visite (télé-)guidée du SPAMM (ou Super Art Modern Museum).

Ceci n'est pas un musée-en-dur. Ne le cherchez pas sur les Pages jaunes, ni dans Le Routard. A la limite, Googlisez-le si ça peut vous aider. Encore que. Le Super Art Modern Museum est un musée-qui-n'en-est-pas-un. C'est à la fois un manifeste, une série de liens vagabonds, une réflexion sur la mémoire et le contemporain, et sur l'art numérique. Derrière le SPAMM, il y a (au moins) les (net-)artistes Thomas Cheneseau, Systaime, mais aussi les Silicon Maniacs.

Pour en savoir plus, il y a comme partout (sur la Toile) un onglet "On en parle" - qui donne le ton, le toi et le moi. Il y a aussi Libération, daté du 31 décembre 2011 (la préhistoire, en somme), avec un article de la journaliste Sophian Fanen qui titre : "Au portail du musée".

Tout est là, dans cette énigme : qu'est-ce qu'un portail qui bouge sans cesse, un corridor de liens sans horizon ni finitude affichée, un entrepôt sans hangar ni sans oeuvres propres ?

Le SPAMM est un détournement de l'idée de musée. Et un signal adressé à tous ceux qui n'ont pas (encore) pris la mesure de ce que la Toile infligeait au réel. Nous baignons tous dans ce grand bain numérique, et nosu ne pouvons nous en détourner - au risque de laisser passer des formes nouvelles de connaissances, d'expressions, de beautés (pour employer un terme délicieux et suranné).

En alignant 50 liens vers des oeuvres (visibles) en ligne, le SPAMM montre que nous sommes démunis devant ces expressions de l'esprit numériques. Là où l'histoire de l'art sait créer des parcours entre les oeuvres (pour indiquer des pistes, des crédos, des intentions, désigner des écoles et marquer des ruptures), nul ne sait encore comment formuler les choses dès lors qu'elles vagabondent et s'offrent (au public) sur la Toile. 

En ce sens, le "manifeste" du SPAMM évoque "le cri" d'une "génération" :  il faut ré-inventer le musée, l'échange, le partage de l'expérience esthétique. "Si l’art « doit nous faire voir ce que nous n’avons pas vu » (Paul Valery), l’Art SuPer Moderne nous fait voir ce que nous verrons demain : un art nomade qui va très vite trouver ses nouveaux supports de monstrations et d’appréciation dans un SuPer Art Modern Muséum, Musée de notre temps qui va, à travers nos outils de communication, de travail et de vie, intégrer le quotidien de ce 21ième siècle."

Nous y sommes (au coeur du problème) : nous sommes au seuil (seulement) de ce qu'il nous reste à faire. Nous avons peut-être réalisé ce que la révolution (technologique) en cours impliquait (dans ses grandes lignes), mais nous sommes incapables de savoir où nous en sommes (précisément), ce que nous pouvons en faire, et ce qu'il faut conserver, archiver, exposer (il n'est pas d'art sans mémoire, ni de culture sans connaissances partagées).

Bref : ne jetez pas le SPAMM dans les poubelles de l'histoire de l'art (comme on écarte les courriers dits "indésirables"), c'est un projet qu'il faut construire.

Crédit : capture d'écran du site SPAMM.    

Commentaires

Portrait de heathkinfe

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Portrait de Julien Le Bot

Bonjour, 

Votre réflexion est intéressante et, en effet, on peut discuter de l'intérêt réel d'une telle institutionnalisation - si elle devait avoir lieu. En l'occurence, le fait que ces artistes y aillent de leur petit coup de pub n'est pas non plus infâmant : au fond, la question se pose : le NetArt est-i; comme le street-art, notoirement insoumis ? Auquel cas le SPAMM répond à la question qu'il pose : oui, il faut trouver des carrefours pour rediriger vers ce qui surgit, mais il n'est pas nécessaire de mettre de milliions dans des musées-en-dur pour "réaliser" un commencement de récit officiel sur ce que-peut-et-doit-être le Net Art.

Au plaisir de vous (re)lire, merci !

Julien  

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