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Entretien avec @Davanac : digital sherpa & développements éditoriaux tous azimuts

on ven, 02/08/2013 - 10:58

Par Julien Le Bot

Le mot et la chose. Faut-il impérativement "nommer" ce qu'on ne connaît pas vraiment (pour en maîtriser le sens et la portée) ou suffit-il de "suggérer", comme le recommandait à sa façon Mallarmé, ces réalités qui nous entourent et qui, quelque part, comportent leurs parts de rêves ? Appliqué au journalisme (dont les cartes sont allégrement rebattues), ce dilemme peut se traduire par une option : essayer vaille que vaille de construire de nouveaux dispositifs (narratifs, économiques, ou encore pédagogiques) permettant de redonner du sens à cet artisanat en pleine métamorphose. Damien Van Achter fait partie de cette engeance de journalistes qui ont choisi de partir à l'aventure sur des chemins de traverses. De la RTBF à OWNI en passant par les sessions de MasterClass du LabDavanac, entretien glané à Paris, dans un café du VIeme arrondissement, à quelques encablures de Sciences-Po où @Davanac initie les apprentis journalistes aux joies de ces nouvelles pratiques à la croisée du terrain (fondamental), du code (indispensable) et du mode projet.          

L'avenir de la Toile, l'information en temps réel et la "long data"

on mar, 02/05/2013 - 07:50

Par Julien Le Bot

Loin des tractations et commentaires portant sur l'accord (qualifié à la hâte d'"historique" quand tout un chacun mesure qu'il s'agit là d'un pis-aller momentané) entre Google et les éditeurs réunis au sein de l'association IPG (pour la presse d'Information politique et générale), deux articles sont venus questionner utilement le devenir du web, le rôle de la donnée dans notre compréhension du monde (ou de l'histoire), et la nécessité de travailler avec de nouveaux outils sans se contenter de subir ce déluge-informationnel-qui-vient en s'abritant opportunément sous le parapluie du "slow journalism".  Le premier, publié par Rémy Sussan sur le site d'Internet Actu, appréhende clairement l'enjeu en contextualisant historiquement son approche : "Sortir de la tyrannie du présent" (en regardant dans le rétroviseur). Le second, publié par David Gelernter dans la revue Wired, tisse un récit mâtiné de futurologie, mais non dénué d'intérêt : "The end of the web, search and computer as we know it". Avec, au coeur de tout ça, une question : c'est en apprenant à bien appréhender les données que l'on pourra construire les modèles à venir (culturels, cognitifs ou économiques).        

Faut-il prendre la tangente pour repenser l’écosystème médiatique ?

on jeu, 01/24/2013 - 10:23

Par Julien Le Bot (avec Christophe Dugué, Nicolas L'Helgouac'h et Yann Rotil)

S’il est un article sur lequel s’appuyer pour rebondir, ce n’est certainement pas sur le « Manifeste pour un autre journalisme » de la revue XXI qui a tant fait parlé de lui, qui a été âprement discuté et remis à sa place, et  dont nous avons, du reste, déjà parlé : certes, gare au « bluff technologique ». Le journalisme, c’est un certain rapport au réel, une attitude mêlant curiosité et sens du moment (du Kairos, disaient naguère les Grecs), et un invariable artisanat (le récit étant son outil). A contrario, si la « médiasphère », chère à Régis Debray, est en train de changer (nous n’en sommes plus à la « vidéosphère »), il est opportun d’essayer de voir comment prendre en main cette affaire au profit de la connaissance (l’université n’est plus ce qu’elle était à l’heure de Wikipédia), de l’information (qui transite et voyage partout, à la vitesse de l’éclair ou, plus communément, d’un « retweet »), ou de la démocratie (tant qu’on y est). De ce point de vue, le dernier article d’Eric Scherer, sur le blog Méta-Média, vise juste : « The Next Big Thing ? », demande-t-il ? « L’offre de contenus personnalisés par des médias de précision ». Zigzags et voies de traverses : les fondateurs associés de Yakwala sont engagés dans des travaux qui pourraient nous y conduire.           

Et si l'on essayait de fabriquer des fils d'informations reposant sur des flux données ?

on lun, 01/14/2013 - 10:03

Par Julien Le Bot

Pour qui s'intéresse à la transformation des médias (ce n'est naturellement qu'un des aspects du "devenir-numérique" de nos sociétés) en "data-hubs" pour parler "geek" (ou en entrepôt/échangeur de données), il n'est pas inutile d'aller faire un tour du côté de l'article d'Alex Salkever, "Guns, Money and a data-driven hyperlocal wire service", publié sur l'incontournable site Street Fight Mag. Cet éditeur spécialisé dans les technologies sur Businessweek.com part de la publication d'un article (ô combien, et vous allez le comprendre !) plébiscité par les internautes suite à une enquête réalisée dans le comté de Westchester (près de New York) sur les propriétaires d'armes à feu par un média local, The Journal News. Son principe : élaborer une visualisation de données permettant de mieux connaître son quartier, ses voisins, mais surtout d'appréhender le nombre de "mousquets", comme on disait naguère, aux alentours. Son résultat : le journal a dû faire appel à une société de sécurité pour protéger ses locaux, et le public n'a pas hésité à prendre parti dans cette affaire. Par delà les enjeux purement éditoriaux (étant entendu qu'il s'agit d'un exemple typique de ce qui peut animer le public nord-américain), que peut et doit-on en penser quand on essaie de ré-inventer son média (local ou non, du reste) ?

Le journalisme, la R&D et les sentiers de l’innovation pour 2013

on lun, 01/07/2013 - 19:07

Par Julien Le Bot

L’innovation, pour un média, c’est quoi, finalement ? « L’histoire est une galerie de tableaux où il y a peu d’originaux et beaucoup de copies », écrivait Alexis de Tocqueville (dont l’ouvrage L’Ancien régime et la Révolution a, paraît-il, la cote chez des dirigeants chinois). L’écrivain français décelait alors, derrière les ruptures manifestes provoquées par la Révolution, des éléments de continuité historique. Autrement dit, une révolution peut parfois en cacher une autre (qui était déjà là). Quoi qu’il en soit, en matière de journalisme et de numérique, le paysage se déplace, le puzzle se (re)compose, et les sentiers de l’innovation sont (toujours) ouverts : les médias doivent investir sur de la R&D au sens large (sur les formats, les récits, les supports, les données) et des acteurs comme Yakwala sont prêts (et déterminés) à accompagner le mouvement. A cet égard, c’est notamment en passant, en misant, et en s’engageant dans de nouvelles collaborations entre start-ups et groupe de médias que le « schmilbilck numérique » pourra avancer. Objectif : maintenir des exigences éditoriales et fabriquer les méthodes et outils de demain.

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